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Toaster ses protéagineux

La Chambre d’agriculture a organisé un chantier mobile de toastage de protéagineux sur 14 exploitations situées en Meurthe-et-Moselle, Moselle et Alsace. Une solution pour valoriser les protéagineux produits sur l’exploitation, en particulier en agriculture biologique.

 

Article paru dans le Paysan Lorrain du 15 décembre 2017

Pour gagner en autonomie alimentaire, les éleveurs peuvent valoriser leurs cultures dans la ration. Mais la présence de facteurs anti-trypsiques affectent la digestibilité des protéagineux et limitent la croissance chez les monogastrique. Pour les ruminants, les protéagineux graines ont le défaut d’avoir peu de PDIA (protéines non digérées dans le rumen) et sont déséquilibrés entre PDIE et PDIN. Le toastage permet d’augmenter les PDIE et ainsi rééquilibrer les PDIE/PDIN. Il améliore également la part de PDIA, ce qui équivaut à l’effet du tannage : pour le soja les PDIA sont multipliées par 5,5 et pour le pois par 3,7.

Il faut cuire les protéagineux pour augmenter la digestibilité des protéines dans le rumen et éliminer les facteurs anti nutritionnelles. Une solution est mise en œuvre depuis deux ans dans l’ouest de la France : le toastage. La Chambre d’agriculture de Meurthe-et-Moselle, sollicitée par des éleveurs producteurs de protéagineux, a organisé un chantier mobile de toastage en novembre dernier sur 14 exploitations situées en Meurthe-et-Moselle, Moselle et Alsace. Dominique Battaglia, de l’EARL du Sault du Loup à Noviant aux prés est l’une des exploitations qui ont bénéficié du service de toastage mobile de la société Protéa Thermic. « Pour tendre vers l’autonomie alimentaire, il fallait que je trouve un moyen pour apporter de la bonne protéine aux vaches en valorisant les protéagineux de l’exploitation. J’avais lu que le toastage avait fait ses preuves dans l’Ouest. », explique l’éleveur.Le toastage présente différents intérêts. La part des protéines digestibles dans l’intestin des ruminants augmente. Les facteurs anti-trypsiques limitant la digestion chez les monogastriques sont éliminés en partie. La perte de 5% d’humidité et l’élimination des insectes et des champignons permettent un gain en conservation.

Des graines cuites à 120 °C à coeur

Protéa Thermic, société basée dans le Morbihan assure des prestations de services en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, et pour la première fois dans le Grand Est. Le camion-remorque déplace l’installation de toastage de ferme en ferme. Le principe du toastage est de réaliser un fort traitement thermique à la graine pendant un temps déterminé. Une trémie de 80 litres, posée au sol, assure le chargement depuis une remorque. Un tapis roulant emmène les graines dans le toasteur où elles sont cuites par voie sèche à 280°C. « Les graines dansent sur le tapis pendant 2 à 3 minutes pour être cuites de manière uniforme. », décrit M Dubois de la société Protéathermic. « Elles sont chauffées à cœur à 120 °C.» Le débit nominal du toasteur est de 4 tonnes/heure. Le coût de la prestation s’élève à 224 €HT/heure. « Le toastage est particulièrement intéressant en agriculture biologique vu le coût des tourteaux bio. », explique Sophie Rattier, conseillère en agriculture biologique à la Chambre d’agriculture. « Nous réalisons des analyses avant et après toastage pour mesurer les teneurs en protéines. Nous recalculerons les rations ensuite. »